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Bonne lecture à vous, espérant qu'elle vous sera plaisante.

jeudi 1 juin 2017

Affaire « Sophie Perrin » : les manips de la fac enfin mises au jour, durant l’audience d’appel du 13 avril 2017



Quatre petits paragraphes en italique pour re-situer le contexte, puis on passe au récit du déroulé de l’audience.

Lors du verdict de première instance rendu en chambre de la presse à l’automne 2016, l’université Lyon 2 a tenté d’obtenir du Parquet qu’il fasse appel des dispositions pénales. En vain, car le Parquet a changé de positionnement depuis janvier 2016 (nouvelle audition policière de Sophie). Il est, depuis, sur la position de chercher à « comprendre ce qu’il y a vraiment au fond de ce dossier ». Il a par suite refusé d’accéder à la demande de l’université.

L’université a donc fait appel, seule, des dispositions civiles (dommages et intérêts) de ce jugement, plutôt décevantes pour les plaignants - à savoir 1 euro de dommages et intérêts versés à Gilles Maletras et Lionel Obadia pour injures (ils en demandaient 2000 chacun), ainsi qu’à l’université Lyon 2 (qui demandait un euro). Et rien pour André Tiran, l’ex-président de l’université, qui demandait pourtant aussi 2000 euros…

Par ailleurs, ce jugement en chambre de la presse relaxait Sophie concernant l’ensemble des diffamations publiques alléguées, et la condamnait à 2000 euros d’amende pour injures publiques (dispositions pénales).

Sophie a quant à elle fait appel de l’ensemble du jugement, incluant les dispositions pénales, car le tribunal de première instance avait, purement et simplement, oublié ( !) de statuer sur sa demande de dispense d’inscription au casier judiciaire B2.


C’est dans ce contexte que nous nous retrouvons pour l’audience d’appel du 13 avril 2017, devant la 4e Cour correctionnelle d’appel, encore une fois.



60% des peines aggravées : Lyon a-t-elle la Cour d’appel la plus sévère de France ?

En matière pénale, peut-on vraiment faire appel à Lyon ? La jurisprudence de la quatrième chambre de la Cour d’appel de Lyon, célèbre pour sa sévérité, s’est adoucie ces dernières années. Pourtant les avocats continuent de déconseiller à leurs clients d’aller en appel. Ils ont bien raison : comme le montrent six mois d’arrêts rendus par la « Quatrième » et analysés par Rue89Lyon, le taux d’aggravation de la peine rendue en première instance est énorme. Et les chances du condamné d’obtenir gain de cause, bien faibles.


Sophie a décidé de faire, cette fois, comme au commissariat en janvier 2016 : refuser de répondre aux questions posées par le tribunal, et expliquer pourquoi. Au commissariat, cela avait abouti au classement sans suite de la énième plainte de Lyon 2, alors qu’au départ, était prévue par le Parquet une procédure manifestement très rapide et sévère, type comparution immédiate dans la foulée.

En effet, à chaque audience, depuis 2012, même scénario : les questions des magistrats sont biaisées par le « background » créé par « les mails » cités par l’université. Plus exactement, par l’utilisation mensongère de ces mails par l’université.
Même quand il était question d’appels téléphoniques malveillants, c’est sur « les mails », tels que décrits fallacieusement par l’université, que les magistrats interrogeaient Sophie !

***

Dans la salle des pas perdus, Gilles Maletras, le juriste de l’université, qui réclame 2000 euros de dommages et intérêts pour lui personnellement dans cette procédure, est en train de discuter très finement avec l’avocate de l’université de leur stratégie d’attaque juridique pour cette audience…à leur grand étonnement, ils voient Sophie passer devant eux en souhaitant à…Gilles Maletras « bon courage ».

L’audience commence, devant une assistance clairsemée mais constante en nombre par rapport à la première instance, d’une quinzaine de personnes (dont un tiers est constitué de personnes absentes lors de cette audience de première instance). Quasiment aucun étudiant, malgré l’effort de diffusion, à souligner, des militants étudiants de Lyon 2 cette fois. Aucune organisation politique ou syndicale présente en tant que telle, malgré le fait que Sophie ait été visée à raison de ses engagements syndicaux et politiques. Notamment, absence totale de la CGT en tant qu’organisation, ce qui est une première (des camarades constituent presque la moitié des présents, mais sont venus individuellement – et jusqu’à l’audience précédente, il y avait présence d’une ou deux personnes représentant explicitement la CGT éduc’action). Alors que Sophie y est syndicaliste depuis 17 ans…
Absence totale des organisations féministes, alors que Sophie subit depuis 6 ans un « blaming victim » intensif, et est caricaturée comme « folle » et « hystérique », par l’université.
Absence totale, également, de relai de la collecte de soutien auprès des réseaux de l’ensemble de ces organisations. Résultat : une collecte qui réunit 1000 euros, alors que les frais d’avocat de Sophie dépassent les 3000 euros pour cette dernière affaire, appel inclus (à payer avec un salaire d’agent catégorie B de la fonction publique).



Participer à la collecte de solidarité : comment faire ?

Vous pouvez le faire en envoyant un chèque à l’ordre de la CGT éduc’action, Bourse du Travail, 69422 Lyon Cedex 03, mention : solidarité Sophie Perrin, ou encore par virement sur le compte de la CGT éduc'action du Rhône : n°10278 07390 00019010840 74 avec mention en objet « solidarité Sophie Perrin. »

Autre solution : en ligne, via le compte leetchi ouvert pour cela (mais leetchi prend une commission de 4% de vos dons – il reste donc préférable tant que possible de passer par la collecte proprement militante via la CGT éduc’action du Rhône, qui elle ne prend jamais de bénéfice financier !!!).


Absence totale des associations d’aide et d’entraide entre victimes d’inceste et de leurs réseaux, car ce sont des sphères où l’idée de « solidarité militante » n’est pas connue (certaines associations accompagnent les victimes pour les soutenir durant leurs procès, mais individuellement, et pas par une présence collective massive dans la salle d’audience comme font les militants politiques et syndicaux). Présence de l’ensemble des membres du collectif « troubles fête malgré nous », de lutte contre l’inceste, auquel participe Sophie et dont le noyau fondateur est lui issu du monde militant politique et syndical.

L’appel à présence à l’audience avait été relayé par le collectif troubles fête malgré nous, ainsi que par le web-zine satirique foutou’art, et par l’organisation maoïste OC-FR, puis sur les listes mail des étudiants mobilisés de l’université Lyon 2.
 

Devant ce public clairsemé, mais bien présent, Sophie demande à user de son droit à faire des déclarations.
La cour le lui accorde, tout en l’interrompant régulièrement, durant les 5 premières minutes de lecture, par des « mais c’est en rapport avec le sujet d’aujourd’hui ? ». Réponse de Sophie : « ça nous y mène directement, comme vous allez rapidement le voir ».

Les interruptions par la cour sont plus fréquentes encore lorsqu’elle lit le premier mail cité, et qu’il s’avère très différent de ce que l’université en décrit : difficile, pour un tribunal, de se rendre compte de comment ils ont été tous bernés jusque là par des représentants au-dessus de tout soupçon, d’une université lyonnaise ?

Déclaration de Sophie :


« Il s’agit d’un retour sur la première affaire.

En introduction, je voudrais rappeler pour mémoire le propos tenu par votre prédécesseur, Monsieur Gérard Burkel, ici même, en audience le 12 septembre 2013, pour expliquer le rôle du juge de paix :

« je suis là pour entendre tous les points de vue sur une affaire, c’est nécessaire de tous les entendre pour prendre une décision qui fasse revenir la paix » (Gérard Burkel, votre prédécesseur, ici même, en audience le 12 septembre 2013)

Or, j’affirme aujourd’hui que le dossier tel qu’il a été monté, depuis le début, empêche cela, et je me propose dans cette déclaration, de vous montrer comment, à partir de la pièce n°1 citée par les parties civiles dans leurs citations directes.



Il s’agit de la 1ere plainte portée par l’université Lyon 2, en date du 21 décembre 2010

Il s’agissait d’une plainte pour « intrusion non autorisée dans un établissement scolaire en vue de troubler l’ordre public » – article 431-22 du CP

Et pour « harcèlement moral » par l’envoi de « plusieurs centaines de courriels agressifs et injurieux »

Etant précisé que le motif pris pour m’interdire l’accès aux campus par arrêté du président de Lyon 2 André Tiran était ces mêmes mails (les deux arrêtés successifs citent comme motivation : « les faits graves et inquiétants qui se reproduisent depuis plusieurs mois (harcèlement, injures, menaces par l’envoi de centaines de messages à des membres de la communauté universitaire) »).

Ces arrêtés ont tous deux été annulés, suite à ma requête, par la cour d’appel administrative pour « non respect du contradictoire », une motivation qui n’a, ici, rien d’anodin.

Le respect du contradictoire, c’est important. Important, mais pas évident, quand le dossier a été – et je pèse ce mot, ici, en audience publique - truqué.
 
Voici ce qui est expliqué dans cette plainte (pièce n°1 citée à charge dans la présente procédure) : Sophie Perrin « se livre à un véritable harcèlement à l’encontre des enseignants et étudiants en anthropologie et sociologie de l’Université Lumière Lyon 2, par l’envoi de plusieurs centaines de courriels agressifs et injurieux. »

Il s’agissait d’ « envois groupés à plusieurs dizaines de destinataires, étudiants ou enseignants, sans recueillir leur accord.
(…)
Le ton de ces courriels et les termes employés reflétaient une réelle volonté de harcèlement de la part de cette étudiante qui se prétendait victime d’une injustice.
Les termes étaient ainsi d’une extrême violence. »

Suivent 4 pages d’extraits de ces courriels, à titre illustratif de cette extrême violence, puis on arrive à la fin de la plainte.

Parmi eux, je vais vous en lire 2, et je vous expliquerai ensuite pourquoi ces 2 là.

Premier courriel, le courriel du 4 novembre 2010 dont est cité l’extrait suivant : « l'individu "Tiran" qui serait coupable en somme par essence et de manière indélébile (vu son nom) d'être un tyran, comme d'autres sont désigné.e.s comme coupables par essence ».

Ce courriel est donc « un exemple représentatif de cette « déferlante » de « centaine de courriels injurieux et/ou menaçants », « d’une extrême violence », reflétant une « réelle volonté de harcèlement », envoyés « par centaines » à « des centaines de destinataires »… voici : pour commencer, l’objet du courriel est déjà, lui-même, d’une extrême violence, jugez-en plutôt

De : Sophie Perrin <killlempireetvivelesescartons@gmail.com>
À : crea_tif@googlegroups.com; julienbonhomme@(…).fr; Mouloud.Boukala@(…).fr;
Pascale-Marie.Milan@(…).fr; patricia.mercader@(…).fr; Diego.Fernandez-Varas@(…).fr; samy.dichy@(…).fr; santjor@(…).fr; serge.maury@(…).fr; tbytyqi@(…).fr; thierry.boissiere@(…).fr; timbandor@(…).com; veilleopinion@(…).fr; versalice@(…).fr; vincent.strobel@(…).fr; viviane.polsinelli@(…).fr; zoe.grange@(…).fr; zouamille@(…).fr; A Aterianus <alice.aterianus@(…).fr>; A Bayon <bayon.alexandre@(…).fr>; J-C Decourt <jean-claude.decourt@(…).fr>; J-C Moretti <jean-charles.moretti@(…).fr>; J-C Rabier <jean-claude.rabier@(…).fr>;  Zancarini <jean-claude.zancarini@(…).fr>; JF Cottier <jf.cottier@(…).ca>; J-H Dechaux <jean-hugues.dechaux@(…).fr>; J-L Mayaud <jean-luc.mayaud@(…).fr>; J-L Pinol <jean-luc.pinol@(…).fr>; J-Y Toussaint <jean-yves.toussaint@(…).fr>; L Bousquet <luc.bousquet@(…).fr>; L Obadia <lionel.obadia@(…).fr>; M Brunet <michele.brunet@(…).fr>; M Dufresne <martin@(…).net>; M Pucciarelli <mimmo.pucciarelli@(…).net>; M Rautenberg <michel.rautenberg@(…).fr>; Marie-Pierre GIBERT <marie-pierre.gibert@(…).fr>; M-E Handman <handman@(…).fr>; N Merley <nathalie.merley@(…).fr>; N Richer <nicolas.richer@(…).fr>; O Leservoisier <olivier.leservoisier@(…).fr>; O perrier <olivier.perrier@(…).fr>; P Arnould <paul.arnould@(…).fr>; P Bacot <paul.bacot@(…).fr>; P Lombard <pierre.lombard@(…).fr>; P Somnolet <psomnolet@(…).fr>; P Vandergrijp <paul.vandergrijp@(…).fr>; S Angiboust <angiboust.sylvie@(…).fr>; T Nathan <tobinathan@(…).com>; xavier Dautreppe <x.dautreppe@(…).com>; Y Callot <yann.callot@(…).fr>; Y Perrin <yves.perrin@(…).fr>; Sofiane.Ailane@(…).fr; dalmendros@(…).fr; Mohamed.Amara@(…).fr; aram_lae@(…).fr; delphine.balvet@(…).fr; mhelenabarroso@(…).fr; Soraya.Behbahani-Guerittot@(…).fr; Julien.Bondaz@(…).fr; ebbotea@(…).fr; cecile.bousquet7@(…).fr; isabellebraz@(…).br; maureen.burnot@(…).fr; magali.demanget@(…).fr; l.denizeau@(…).fr; chamaflor@(…).fr; Marcos.DeOliveira@(…).fr; sandrine.dupeuble@(…).com; ybaakotgz@(…).com; v.gourhant@(…).com; mariegoyon@(…).fr; evelyne.lasserre@(…).fr; ndemgeo@(…).fr; Frederic.mougeot@(…).com; mvemebia@(…).fr; marianne.palisse@(…).fr; arsa1982@(…).com; bertrand.r.b@(…).fr; celso.brito@(…).fr; cecile.carbonnier@(…).fr; laurie.darroux@(…).fr; boris.grataloup@(…).fr; Stephane.Marpot@(…).fr; meri.m@(…).fr; irma.novljanin@(…).fr; florence.pelosato@(…).fr; anne-neige.rinaldi@(…).fr; Guedjpp@(…).com; agnes.martial@(…).fr
Envoyé le : Jeudi 4 novembre 2010 16h06   
Objet : [CREA'tif] oups...et excuses

[Le contenu du courriel est plus violent encore, reflétant la réelle volonté de harcèlement de la prévenue, à savoir moi-même : ]

Pour le nom de la pièce jointe (qui comporte "Tirannie").
C'est un nom donné hier au fichier qui était enregistré entre les co-rédacteurs, et pour nous "défouler" (j'en assume d'ailleurs la responsabilité première : c'est moi qui ait enregistré le fichier).
Je m'aperçois que j'ai oublié de le changer avant de mettre le fichier en PJ sur cette liste.
Je me permets donc de présenter ici mes (plates) excuses pour mon oubli qui transforme un défoulement confidentiel en détournement de nom (trop facile) fait publiquement. Détournement qui n'était pas un but ou un moyen poursuivi par notre texte : c'est (notamment) l'attitude de la présidence qui y est questionnée et dénoncée, et non simplement l'individu "Tiran" qui serait coupable en somme par essence et de manière indélébile (vu son nom) d'être un tyran, comme d'autres sont désigné.e.s comme coupables par essence, depuis toujours et pour toujours, d'être des "casseurs" (à croire que c'est dans leurs gènes) ... d'autant que le communiqué n'était pas signé "le président", mais "l'équipe présidentielle".
André Tiran voit donc ses actions dénoncées, par notre communiqué, dans le contexte de son mandat présidentiel et dans le contexte actuel qui entoure ces fonctions.
Les psychologues sociaux présent.e.s sur cette liste confirmeraient sans équivoque qu'une personne peut tendre à faire des choix comportementaux très différents selon le tissu relationnel et fonctionnel qui l'entoure.
Ceci rend la théorie de la "tirannie" inepte, tout en n'enlevant en rien au président la responsabilité de ses choix ... qu'il peut donc faire évoluer à sa guise.

Cordialement,

Sophie Perrin

Voici donc un premier mail, bien représentatif de mon extrême violence et de ma volonté de nuire à la communauté universitaire et à ses membres.

Quel était ce mystérieux doc « tirannie.doc », en passant ?
Il s’agissait d’un communiqué intitulé « Présidence = briseurs de grève
Une rhétorique imparable »

Une rhétorique imparable…

2e mail réellement envoyé à plus d’un destinataire et cité dans la plainte comme représentatif de mon extrême violence : mail daté par l’université au 22 septembre 2010, qui en cite l’extrait « je continue mon action, parce que je n'accepte toujours pas - et je n'accepterai jamais - la manière dont l'institution m'a traitée là jusqu'à maintenant. »
On tremble rien qu’au mot « je continue mon action »..
. Encore un exemple clair  de mon extrême violence et de ma volonté de harcèlement moral envers l’université et ses membres :
Il s’agit en fait de la présentation de ma situation que je mettais en fin de chaque nouvel envoi. Voici.
« 
**********************
Rappel pour les nouveaux/elles arrivant/e/s : les auditions pour les allocations recherche doctorale de Lyon 2 ont eu lieu début juillet 2010. Mais je n'ai pas été auditionnée. Pourtant, mon dossier était suffisamment excellent et innovant (thèse proposée : "l'inceste : entre impunité et luttes pour la reconnaissance", note obtenue au mémoire en master 1 : 18 et en master 2 : 18 aussi).         

Cela, parce qu'il manquait un papier dans mon dossier : mon relevé de notes définitif, indisponible avant la date limite de rendu de ce dossier de candidature. Puis cerise sur le gâteau, mon directeur de thèse pressenti était professeur émérite, et l'on m'a alors affirmé que les professeur/e/s émérites ne peuvent absolument pas prendre sous leur direction de nouvelles thèses (les textes ministériels disent l'inverse).
Donc depuis, partant du principe que 10 minutes d'oral et d'échanges, plus une allocation recherche potentielle de perdue, le valent bien, j'ai publicisé ma recherche, par petits bouts, à ceux et celles qui ont ainsi fait le choix de refuser de l'auditionner.
Et j'ai peu à peu élargi la liste de mes destinataires, au cours de l'été, car quitte à faire, autant faire savoir largement pourquoi ma thèse ne pourra probablement pas se réaliser, et quel contenu se retrouve ainsi interdit d'existence, de facto, dans le champ de la recherche.

A moins qu'il y ait des solutions proposées par ceux/celles qui sont en position de le faire ?

Pour l'instant, les solutions proposées ont été :

- un courriel de désapprobation de mes moyens d'action par mon (ex ?) directeur de thèse pressenti, à son retour début septembre, me reprochant en outre mon manque de confiance (sic) en lui et ses collègues. Il a alors également préféré se solidariser avec son collègue le directeur de l'école doctorale.

-dans la foulée, l'entretien -enfin - obtenu avec le président de l'université Lyon 2, du 10 septembre dernier, n'a eu d'entretien que le nom, dans ce nouveau contexte. Auparavant, je l'avais contacté par mail dès le 14 juin, mais sans aucune réponse ...
-la censure, fin septembre, par le serveur de l’université Lyon 2, de mon adresse usuelle (sophieperrin.universite(at)yahoo.fr) ainsi que des adresses google que j’utilisais pour envoyer les présents courriels (j’en ai donc créé d’autres, pour passer outre ce barrage). Ceci rend impossible, depuis lors, tout envoi de ces adresses là de mails à destination d’adresses se terminant en @univ-lyon2.fr : le serveur me les renvoie avec la mention comme quoi ils ont été classés comme « spam » … qui a pris cette décision et suite à quelles délibérations collectives et pondérées ? Mystère.
Finalement, ce que cette histoire montre, c'est la capacité d'une institution à produire des situations caricaturales et d'une injustice insupportable, simplement parce que face à un/e étudiant/e, et qu'il/elle ait raison ou tort, la "coutume" semble être de faire corps avec les pairs, les collègues, qui n'étaient pourtant ici pas attaqué/e/s en tant que personnes. Est-il à ce point insupportable de reconnaître qu’un.e pair peut avoir fait une erreur ou commis une faute, et de les réparer ?
Aujourd'hui, je continue mon action, parce que je n'accepte toujours pas - et je n'accepterai jamais - la manière dont l'institution m'a traitée là jusqu'à maintenant.
Aujourd'hui, j'attends de l'institution et de ses représentant/e/s la reconnaissance du mal qui m'a été fait en son nom, et ma réintégration. C'est à dire la possibilité de faire mon doctorat dans ma discipline (l'anthropologie), et dans mon université (Lyon 2), avec un choix réciproque et réel de ma direction de thèse, le tout dans des conditions (matérielles et financières) reconnaissant la qualité de mon travail à sa valeur réelle. »

C’est bien ici un autre exemple représentatif de mon extrême violence, un exemple donc, des courriels rédigés par moi, qui ont rendu nécessaire de m’interdire durablement tout accès aux campus de l’université où je venais d’étudier 4 ans durant.
Rappel : mon interdiction d’accès aux campus de Lyon 2 a duré plus de deux ans, et c’est le tribunal administratif qui l’a fait cesser, pas Lyon 2 !


Pourquoi avoir choisi de lire ces 2 mails parmi les 4 pages d’extraits de mails cités comme représentatifs de mon extrême violence ?
Parce que ce sont les seuls qui sont réellement envoyés à « plusieurs centaines de destinataires » comme prétendu par la fac.
Les autres mails cités durant ces 4 pages d’extraits de mails représentatifs de mon extrême violence ? Sauf un adressé à André Tiran, tous sont adressés à François Laplantine (unique destinataire), et leur contenu ne relève, là, pas de la liberté d’expression, mais de l’étudiante qu’on a poussé à bout de nerfs (je prends le temps de le préciser car sinon l’avocate de la fac va s’en saisir de manière faussée).
Ce sont les seuls courriels qui comportent alors parfois des injures, et auraient pu justifier, pourquoi pas, une éventuelle mesure de protection envers leur cible.
Ils datent de fin septembre à début novembre 2010.


Or, le 16 novembre 2010, soit après ce supposé « déferlement » de « menaces » nécessitant de m’interdire l’accès aux campus, je suis venue sur les campus, assister à une conférence donnée par François Laplantine, cible réelle de mon « extrême violence » et de mes « menaces », comme on vient de le voir. Il en parle dans ses PV de police :

« Q : est-ce que Sophie Perrin s’en est pris à vous physiquement ou verbalement (en dehors des mails) ?
R : « Non. Elle est venue me voir au mois de novembre 2010 à l’issue d’un cours et me posant la lettre que je lui avais écrite et dans laquelle je lui demandais d’arrêter cette avalanche de mails et de trouver un directeur de thèse habilité. Elle m’a juste demandé si je n’avais pas honte d’écrire cela, mais ne m’a aucunement menacé. »

[Pour les lecteurs.trices : il s’agit du courriel de la rentrée 2010, dans lequel François Laplantine désavoue publiquement, auprès de tous ses réseaux à lui, son ex-future doctorante, lui enjoignant de chercher un directeur de thèse habilité, mais après avoir brossé d’elle un portrait propre à dissuader tout enseignant de vouloir diriger sa thèse…on rappelle que l’éméritat de François Laplantine dépend, pour son renouvellement, des décisions des professeurs titulaires de l’établissement, au rang desquels Monsieur Obadia, initiateur de l’éviction de Sophie du concours des allocations doctorales, notamment…]

C’est le 24 novembre, après cette venue, on le voit, empreinte d’une extrême violence envers la cible principale de ma haine, que j’ai été interdite d’accès aux campus pour l’ensemble des  courriels que nous venons d’évoquer, et représentatifs de ma réelle volonté de harcèlement.
C’est comme cela que commence l’affaire qui nous mène ici aujourd’hui.

Etait annexée à cette plainte une compilation de 200 pages de mes mails, pas moins !
La majorité étaient envoyés « à plusieurs dizaines de destinataires », et constitués en réalité de courriels comme les 2 lus ici : des commentaires sur l’actualité de la fac, des extraits de mes travaux de recherches, et des saynètes satiriques : pourquoi les avoir cités comme illustratifs de mon « extrême violence » ?


La minorité restante était constituée de courriels envoyés à un ou deux destinataires. Et sur ce restant, au total, dix mails uniquement, d’une page environ chacun, tous postérieurs au blocage de mes mails sur le serveur de l’université qui a débuté le 23 septembre 2010, comportaient des invectives.
Mais l’université vous a présenté 200 pages pour gonfler ces dix mails artificiellement, et créer la peur.

Du 24 novembre 2010 au 24 décembre 2010, un premier arrêté pris par André Tiran m’interdit pour un mois tout accès aux campus, au motif de l’extrême violence des mails qu’on vient de voir.
Peu avant le 24 décembre, la plainte pénale est constituée, à partir de ce même matériau, on vient de voir brièvement comment.
L’arrêté suivant, qui m’interdit l’accès aux campus pendant plus de deux ans, nécessitait l’existence de cette plainte pour pouvoir exister, juridiquement :

« Article 7 du Décret n°85-827 du 31 juillet 1985 relatif à l'ordre dans les enceintes et locaux des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.

« En cas de désordre ou de menace de désordre dans les enceintes et locaux définis à l'article 1er, les autorités responsables désignées à cet article en informent immédiatement le recteur chancelier.

Dans les cas mentionnés au premier alinéa :

1. Les mêmes autorités peuvent interdire à toute personne et, notamment, à des membres du personnel et à des usagers de l'établissement ou des autres services ou organismes qui y sont installés l'accès de ces enceintes et locaux.

Cette interdiction ne peut être décidée pour une durée supérieure à trente jours. Toutefois, au cas où des poursuites disciplinaires ou judiciaires seraient engagées, elle peut être prolongée jusqu'à la décision définitive de la juridiction saisie. »

En juin 2011, soit un mois après mes auditions au commissariat de Bron, j’ai été inculpée pour « intrusions non autorisées dans les campus » uniquement. Or, ces intrusions étaient précisément interdites par l’arrêté qui nécessitait cette plainte, pour pouvoir exister…

J’arrête là sur cette pièce n°1. Quand on veut se débarrasser d’un chien, on dit qu’il a la rage, et on essaie de le faire baver, pour être davantage crédibles.

Comment en arrive-t-on de là, à l’affaire d’aujourd’hui ?
Il suffit de relire n’importe lequel des mails cité par l’accusation, pour le comprendre.
Exemple : mail du 25 mai 2015 « C’est comme ça depuis 2010, QUOI QUE JE FASSE ET QUOI QUE JE DISE. ALORS AUTANT QUE JE FASSE ET DISE CE QUE VOUS M’AVEZ MIS SUR LA FIGURE COMME ACTES ET PROPOS ;

Je suis un être vil et menaçant ?
Méchant et malfaisant ?

Le mal incarné ?
Un monstre de haine et de rancœur ?
Une racaille injurieuse et monstrueuse ?

Eh ben que vos prophéties autoréalisatrices soient exaucées.

J’AVAIS PRIS PERSONNE A PARTIE DURANT CES AUDITIONS DE L’ECOLE DOCTORALE PUTAIN.
C’était pas faute d’avoir envie, croyez-moi, parce qu’avoir un tel cynisme en face de soi (« votre parole, ce n’est que du bruit, et aujourd'hui, seuls les vrais candidats passent... » [propos du directeur de l'école doctorale], etc), ça donne envie d’interrompre la mascarade en entrant dans la salle des auditions et en prenant à partie.

J’AI RIEN FAIT DE CE QU’IL A DIT CE BATARD DE DIRECTEUR DE L’ECOLE DOCTORALE. IL A MENTI TOUT LE LONG (…)

A quoi bon se comporter de manière correcte et respectueuse des personnes, si c’est pour, en retour, être traitée comme une merde et traînée en justice et encore traitée comme une merde par des acteurs du système judiciaire lui-même (je ne parle pas, ici, de la police, qui m’a traitée normalement et respectueusement, elle) ?

Vous voulez une racaille incivile, injurieuse et ordurière ? Pas de problème. On commence par les injures et les ordures.

La première ordure, c’est celui qui m’a fait virer de l’accès en thèse au mépris du respect de l’égalité et du mérite républicain. ».

Etc.
Je vous laisse relire les autres courriels tant que de besoin, pour maintenant comprendre comment nous arrivons ici aujourd'hui en vérité. »


Après cette déclaration, le tribunal pose ses questions, bien différentes et plus pondérées que la leçon de morale de première instance sur le thème « les gros mots, c’est mal ».

Sophie en profite pour caser une première chose qu’elle n’avait pas pu caser dans sa déclaration : les mensonges de Marie-Carmen Garcia.

« En effet, cette dernière, dans son attestation, a elle aussi proféré au moins un mensonge par ligne (l’attestation fait 2 pages…).
Dès la première ligne, on frise le ridicule, puisqu’elle prétend me connaître depuis « 1990 », époque où j’étais « une étudiante brillante », dit-elle.
Mais un rapide calcul suffit à comprendre qu’on ne peut s’être connues en 1990 à l’Université, puisque, étant née en 1975, j’étais alors en seconde de lycée !



Tout est à l’avenant. Et concernant son numéro de portable, alors qu’elle affirme dans cette même attestation que « comme je le fais toujours avec les étudiants que j’ai en direction de mémoire de M2R, elle avait mon numéro de portable pour que nous puissions prendre des rendez-vous ou communiquer rapidement si nécessaire », il est intéressant de regarder le courriel par lequel elle communique ce numéro de portable : courriel du 23 juin 2009, 12h46

« si vous voulez, on peut se voir jusqu’à 18h (à 18h30, il faut absolument que je récupère ma fille) : si le Ninkasi (gerland) vous arrange (c’est sûr, c’est pas un lieu de travail, mais bon, là, c’est plutôt pour discuter), je peux m’y rendre sans difficulté)

mon numéro : 06 77 52 39 25 »

Donc un numéro communiqué, on le voit, à des fins professionnelles comme elle le déclare dans son attestation produite en justice…

C’est sur la base du tissu de mensonges constitué par cette attestation, que j’ai été déclarée coupable d’appels téléphoniques malveillants qui n’existent en réalité pas, et condamnée à lui verser 1000 euros de dommages et intérêts, en « récompense » de ses mensonges.
J’ai été condamnée sur la seule base de sa parole, puisque le Parquet n’a même pas pris la précaution, durant l’enquête, de réclamer une copie des facturations détaillées afin d’avoir une preuve objective de l’existence de ces appels – facturations détaillées qui m’auraient innocentée, en l’espèce ! 
J’ai donc été reconnue coupable d’appels téléphoniques malveillants sur la seule base de la parole d’une menteuse. J’accuse Madame Garcia d’avoir menti en justice ».


Le tribunal n’a de cesse d’interrompre Sophie sur ce chapitre, agacé : « ça a été jugé… ».
Puis de conclure, en désespoir de cause : « on ne refera pas le procès ! »

Voilà comment l’institution judiciaire gère, traditionnellement, en France, ses erreurs : en refusant de les réparer. Tant pis si des personnes sont salies à vie pour des actes qu’elles n’ont pas effectué.

Nous en arrivons au cas de Monsieur Maletras, gravement injurié par la prévenue qui l’a traité, par écrit, de « âme damnée de la fac corrompue qui pue » (la fac n’a pas osé lister « fac corrompue qui pue » parmi les propos de Sophie qu’elle présentait comme diffamatoires…).

« Monsieur Maletras est présent », précise l’avocate.
Le magistrat saisit l’occasion : « Monsieur Maletras ? », et lui fait signe de venir…à la barre.
Monsieur Maletras semble d’un coup stressé de cette situation inattendue, qui fait suite pour lui, on le rappelle, à la surprise du début d’audience (déclaration de Sophie démontant le dossier monté par le service juridique de Lyon 2, dont Monsieur Maletras est un cadre de catégorie A).

Il lui demande pourquoi il a porté plainte dans cette procédure.
Monsieur Maletras, en juriste chevronné, reprend rapidement son assise, et, debout à la barre, explique que « ben c’était redevenu comme en 2010 », « on a vraiment eu l’impression que sitôt son sursis mise à l’épreuve terminé, ça recommençait ». « Il faut savoir qu’en 2010, c’est au lendemain d’un mail évoquant ses désirs de meurtre envers les bébés, envoyé à des enseignants de l’université, que nous avons du décider de l’interdire d’accès aux campus ! ». « Et là, sitôt son sursis terminé, ça reprend de plus belle ! ».

Monsieur Maletras est invité à retourner s’asseoir, et le magistrat demande à Sophie ce qu’elle a à dire sur la plainte de Monsieur Maletras.

« Ben moi j’ai écrit un texte en mai 2015, où j’ai effectivement attribué à Monsieur Maletras des choses qu’il n’a pas faites puisqu’il n’était pas encore là à ce moment-là. Quand il m’a signalé cela, j’ai immédiatement rectifié les erreurs, en renvoyant dès le lendemain de ce texte un nouveau courriel, aux mêmes destinataires, pour rectifier l’erreur. Parce que moi quand je fais une erreur, Monsieur, je la rectifie, et le plus rapidement possible.
Moi ce que je ne comprends pas, en fait, c’est pourquoi il vient porter plainte fin juillet 2015, en réclamant 2000 euros pour une erreur que j’ai rectifiée en mai : moi je ne pouvais rien faire de plus que rectifier l’erreur, une fois qu’elle était faite. »

Sophie tient à ajouter un mot sur les courriels cités par Gilles Maletras comme « envoyés la veille de son interdiction d’accès aux campus », et « la justifiant » : « le mail dont parle Monsieur Maletras, en réalité, c’est un mail qui parle de mon enfance à moi. Rien à voir avec des menaces contre des profs de Lyon 2 et leur jeune progéniture ! Le rapporteur public du TA l’a d’ailleurs bien relevé : il a noté cette manip’ dans son rapport, qu’on vous a mis en pièce jointe.
Il en a noté d’autres, sur d’autres mails, tout aussi grossières. Par exemple, l’université a versé au TA un mail, menaçant de « broyer le crâne de l’enfant », en le présentant comme un mail de menaces envers les universitaires et leur famille…en réalité, comme l’a bien noté le rapporteur public en allant regarder ce mail en entier, il s’agissait d’un poème que j’ai écrit en 1991, bien avant de connaître l’université Lyon 2 et ses membres, et qui parlait de tout autre chose !
Je m’en arrêterai là sur les mails, je vous reporte au rapport de Monsieur le rapporteur public du TA pour le restant ».


Après cela, l’avocate de l’université et des plaignants individuels commence sa plaidoirie. On la sent en difficulté après la déclaration, bien embarrassante pour le schmilblick, de Sophie…

Elle tente de faire comprendre au tribunal combien c’est horrible, cette pléthore, cette avalanche de courriels, « au contenu désagréable »…mais, déstabilisée, elle ressemble à une avocate déstabilisée, qui fouille dans ses papiers et s’y perd, façon Marine Le Pen avec ses fiches lors du grand débat de la présidentielle (le côté agressif en moins) : « il y en a tellement, Monsieur le président, de ces mails, que…d’ailleurs, voyez, moi-même, je m’y perds ».

Un regard vers les membres du tribunal à cet instant donne la vision suivante : le président baille pour se tenir éveillé et continuer d’écouter. L’un des assesseurs a la tête accoudée sur l’un de ses bras, visiblement déjà embarqué par les bras de Morphée – il y a des limites aux capacités humaines de résistance au sommeil. L’autre tient encore le coup, mais avec autant de difficulté que le président, et pour combien de temps encore ?

L’avocate de l’université termine de s’embrouiller dans ses papiers, sa plaidoirie est confuse et inaudible, tente des arguments juridiques que plus personne n’entend…bref, ce qu’elle dit, c’est juste du bruit, tout le monde a décroché.

Après la fin monocorde de cette plaidoirie confuse et décousue (alors qu’elle devait être cinglante et sans appel, et emporter le morceau), l’avocat de Sophie a un boulevard devant lui.
Il rappelle brièvement les faits, enfonce brièvement le clou sur les manipulations de l’université, puis enchaîne sur ses arguties juridiques à lui, qui devraient aboutir à débouter tous les plaignants pour prescription par vice de forme, sauf Gilles Maletras.
Puis il plaide concernant Gilles Maletras, rappelant la rectification des diffamations ici réelles, dès le lendemain, et auprès de tous ceux qui les avaient reçues.

Le tribunal écoute avec attention, puis demande à la prévenue si elle a quelque chose à ajouter pour finir.

Sophie dit oui : pour revenir sur les mensonges de Lionel Obadia, concernant les auditions de l’école doctorale du 7 et 8 juillet 2010.

« Dans son attestation, produite en justice, Lionel Obadia, directeur de l’école doctorale, affirme en parlant de moi que « Elle est restée les deux jours complets (…) devant la porte de la salle des auditions, prenant à partie les membres du jury, moi-même, les candidats à l’audition, et les élus doctorants » [souligné par moi].

Dans les pièces fournies pour la présente audience, l’université nous a joint deux attestations qui disent la même chose : l’une affirme que « les 7 et 8 juillet 2010, je peux témoigner que pendant les deux journées durant lesquelles les auditions et les délibérations se sont déroulées, une jeune femme non convoquée est restée en permanence devant la porte du lieu de réunion, du matin au soir et malgré la chaleur torride. » [souligné par moi],

L’autre explique que « Lors des deux jours de réunion du jury de l’Ecole doctorale des sciences sociales (…), Mlle Sophie Perrin (…) est restée en permanence devant la porte de la salle où se tenait la réunion de l’ED » [souligné par moi].
Suivent des accusations allant dans le sens des allégations du directeur de l’école doctorale : agressivité, prises à parti, etc.

Ces deux pièces sont non signées par leurs rédacteurs (messieurs Jean-Claude Zancarini et Paul Bacot) : il s’agit de simple mails, fournis tels quels, et dont on n’a aucune preuve réelle de qui les a rédigés, de ce fait.

Mais le souci principal est ailleurs : en effet, mon employeur, dans une attestation dûment signée, atteste quant à lui que « Mme Sophie Perrin était présente sur son lieu de travail [adresse et nom de l’employeur] le 7 juillet 2010 ».

Qui croire ? Je ne pouvais être à la fois, le 7 juillet, sur mon lieu de travail, et « en permanence » devant la porte du jury en train de prendre ses membres à parti à Lyon 2 !

Voilà pour cette journée.


Quant au 8 juillet, oui, j’étais présente, en permanence, sur les lieux. L’attestation d’A. L., doctorante candidate ce jour-là, elle aussi dûment signée et authentifiée par l’intéressée, peut utilement éclairer le tribunal sur mon attitude réelle ce jour-là. »

Mais, embarrassé, le tribunal ne cesse de vouloir en finir, et fait alors opportunément remarquer à Sophie « savez-vous combien de temps nous avons passé sur cette audience ? Plus de 2h15 ». Afin de clore avant qu’elle n’en rajoute encore une couche, de cette démonstration de comment la justice s’est fait berner comme de la bleusaille par des menteurs, il faut le reconnaître, talentueux en cet art ?

A. L., doctorante en sociologie explique, dans son attestation : « J’étais présente l’espace de une heure trente – deux heures lors des auditions pour les allocations doctorales de l’ED 483 en juillet 2010. Je ne connaissais pas Sophie Perrin. Je l’ai rencontrée tandis qu’elle attendait à l’extérieur de la salle des auditions en espérant, m’expliqua-t-elle, être reçue pour présenter son projet. Elle m’a entretenue de la situation dans laquelle elle se trouvait tandis que je patientais avant de pouvoir présenter mon propre projet de thèse. Dans le laps de temps où j’étais présente, je n’ai assisté à aucun heurt, dispute, éclat de voix, et je n’ai pas vu d’audition interrompue en raison de la présence de Sophie Perrin à l’extérieur de la salle ».


Verdict d’appel le 22 juin 2017.

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